Nelligan et la musique
Joseph
Melançon
a déjà mentionné, au sujet du poète, «qu'avant d'être poète, Nelligan était musicien-né,
sans connaître la musique». Il a aussi dit: «Combien de fois ne m'a-t-il pas fredonné,
de mémoire, l'air de quelques extraits de Mozart ou de Bach dont il avait entendu
l'exécution sur un piano! Un jour que nous discutions sur le manque de sonorité
de la langue allemande, impropre suivant moi à la poésie harmonieuse, il me répliqua:
Tu te trompes. Écoute ceci... Et il récita une dizaine de vers de Goethe qu'on
lui avait lu la veille. Or, il n'en comprenait pas un mot.». N'est-ce pas merveilleux?
En fait, tout cela n'a rien d'étonnant, car on dit que la poésie et la musique
sont des muses-soeurs.
WYCZYNSKI, Paul, Nelligan et la musique,
Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1971, 151 p.