L'école Littéraire de Montréal n'a rien d'une de ces écoles que l'on trouve en
Europe. Chacun a sa propre technique, ses propres idéaux. « C'est une école sans
maître que l'École littéraire; nul n'a le droit d'y élever la voix plus haut que
son voisin» dira Charles Gill. Le seul point en commun de ses membres réside en
leur amour pour la poésie. Ces jeunes poètes du siècle dernier regardaient avec
envie la littérature de nos voisins européens, sachant que la leur avait un bon
cinquante ans de retard. Pour arriver à ce qu'ils conçoivent comme la vraie littérature,
ils brûleront sans crainte les étapes. De plus, revenant d'un banquet politique
au St-Laurence Hall, ils feront ressortir les discours pauvres parsemés
d'anglicismes et de canadianisme. C'est donc dans au Café Ayotte, un 6 novembre
1895, que l'idée d'une société qui aurait pour but d'enrichir la littérature québécoise
est née. Le 23 novembre 1895, soit 17 jours plus tard, le journal La Presse
annonçait l'ouverture officielle de l'
Ecole
Littéraire de Montréal
.
Le conseil de l'école se résume ainsi: Germain Beaulieu
est le président, Louvigny de Montigny, le secrétairre-archiviste, Jean Charbonneau
le secrétaire-correspondant et le fondateur de l'école et W. Dumont, le trésorier.