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Dans l'âtre d'un cimetière chéri, les bruits sourds me mènent au vent frileux. Mon coeur, mon cœur s'est mille fois brisé sans que ma douleur puisse les égaler toutes! Seule, au milieu de morts amis, j'observe au lointain une civilisation véhicule, des hommes-bulle, des arbres-lumière. Le ciel ouateux m'invite d'une berceuse et le vent engourdit chacun de mes membres pour me rendre plus vulnérable. Je venais, moi, pour Le voir, pour Lui chuchoter quelques prières... et sans le voir, il est venu à moi. Et je me suis rencontrée...

Teeshah
17 décembre 1998



Parmi les songes incongrus vivent des rites qui de leurs mains nues versent le sang de victimes oubliées, d'enfants chérubins et d'hommes amis.

Il existe parmi les songes qui suffoquent, ceux qui les nuits de lune sanglante lient les plus chères amitiés dans des projets étranges. Vers un vice inconnu et commun à tous, ils font ascension, passant entre les murs de plomb de ce cercle infernal. De tous, la seule élue est acclamée et d'un simple regard fou, corrompt le plus tendre des agneaux.

Impuissante, j'assistai au massacre. Les lames acérées ont pris chairs et âmes et tout autour de la mer Rouge, les corbeaux pilleurs se sont disputés les restes. Puis vint le moment propice, seconde où mon coeur fut tranché. Près de moi tombait un ange privé d'ailes. L'autre, au visage d'argent, fut terrassé de coups, si bien que lacéré, je mourrai à sa vue. Courbée, impuissante, je fixai encore ses yeux, mais la terreur, sans bruit, sauta sur mon coeur pour le broyer...

Ci-gisent mes rêves solitaires, ces songes ennemis qui cette nuit s'en retournent au camp

Teeshah
12 août 1998


Un voile sur les yeux, elle est en deuil. Sa robe de satin noir glisse sur le sol rocailleux, amassant poussière et éclats de boue. Elle marche lentement, levant les yeux vers le ciel pour capter un rayon de soleil éteint. Un vent du nord fait voler quelques feuilles pourries qui iront se reposer, elles aussi, un peu plus loin. Des ombres étranges déguisent les arbres en des personnages difformes et les fougères tranquilles en des ronces menaçantes. Mais elle marche toujours, avec cette tranquillitéde marbre, faisant glisser sa robe nuptiale sur le sol boueux. Elle a aux pieds des chaussures de métal qui creusent sur sa chair une lignée qui la poursuit. Et la belle jette encore un regard vers le ciel. C'est la nuit qui fugue. Elle sent sous ses pieds la terre qui croule. Un vent du nord fait voler son voile noir.

Teeshah
7 juin 1998


Dans le silence de la nuit, une fleur tarde à renaître. Les souvenirs d'un été ancien lui donnent le goût de vivre. Elle songe au doux vent d'été qui avait froisséses doux pétales, à la pluie rafraîchissante et aux rayons fidèles du soleil qui lui redonnaient un peu plus d'éclat les matins de rosée. Puis, elle se remémore l'automne et le froid de l'hiver qui la tuèrent et la retournèrent en terre. Là, dans sa coquille, elle tarde à se montrer. Les rayons de la lune, cette douce mère, l'appellent à elle, lui promettant de meilleurs jours. Ils la taquinent, la défient, la complimentent sur la beauté qu'elle cache encore. Le chant du grillon, le hululement de la chouette et le vent, doux et caressant lui firent croire que plus jamais elle ne souffrirait. Innocente, elle se laissa guider par ces illusions.

Petite fleur, soit forte: munis-toi d'épines et de courage. La vie ne donne pas de cadeaux...

Teeshah
21 mai 1998


Un matin de doux printemps, j'affrontai le démon de mes nuits affreuses. D'un air incertain, j'avançai à pas feutrés dans ce qui devait être la chambre de cet hideux personnage. Poussant la porte grinçante, je reculai de quelques pas. Le coeur dans ma poitrine semblait souhaiter la déchirer tant je cru qu'il saurait entrevoir ma peur démesurée. Pourtant, j'avançai toujours et me trouvai face à ce diable. Les yeux menaçants, les griffes aiguisées, il tenta de me détruire. De partout perlaient sur les murs les gouttes de sang laissées par les précédentes luttes. Des lambeaux de chair sur les murs et des éclats d'os sur le sol m'ont fait frissonner d'angoisse, pourtant, je m'obstinai à supporter ce regard pénétrant. Soudain, je pensai à toutes ces années, à tous ces jours noirs, et je me battis jusqu'à la mort...

Dans un coin de la chambre, parmi les débris de squelettes malmenés, gît cette hideuse bestiole. Un rayon de lune traverse la pièce...

Teeshah
17 mai 1998


Fuis! Pars loin d'ici démon aux milles vices. Laisse-moi vivre en paix, je suis lasse de dépérir. Ne m'as-tu pas abandonnée assez profondément au creux de l'abîme qu'à chaque effort pour le gravir tu flaires une évasion? Soit sans crainte car de nous deux, je suis la misérable. J'offrirai tout ce que je possède, mais laisse-moi au moins mon coeur... Je n'en puis plus de ces tortures quotidiennes. Tes ronces affreuses me déchirent la peau et m'arrachent les membres, tes insectes hideux se nichent dans les crevasses de ma tête et l'air malsain gruge mon intérieur. Je suis sale de toutes ces années en cage. Je meurs, je souffre! Pars, ou je partirai.

Teeshah
29 avril 1998


Longeant le fleuve des Oublis, j'épie le mouvement des vagues qui sur le rivage s'éteignent. Rageant vers une mort certaine, les innocentes se succèdent, fracassant leurs têtes souples sur les rochers qui aspirent leurs âmes une à une. On eût dit un trou noir qui gobe des étoiles filantes. Un suicide collectif qui dure depuis des siècles, depuis le début des temps.

Et les passants regardent ce spectacle monstrueux. Sur ses rives des enfants jouent au cerceau. Des amoureux s'étreignent devant ce qu'ils croient être une merveille de la nature. On les laisse périr sans rien tenter. Des barbares... La vie est-elle si cruelle?

Teeshah
28 avril 1998



À la lueur de la chandelle, j'écris ces quelques lignes, cherchant désespérément les mots d'antan. Les malheureux ont fui ma plume, ont fui mon coeur, mon âme, ma joie. Habitués aux sombres cavernes de l'ennuie, ils craignent le soleil telle la peste.
Encore une fois mon ami tu m'as oubliée. Tu guides ma plume vers de tortueux chemins: insondables abîmes et infinies montagnes. Les contourner m'est impossible... suis-je toujours en ton esprit? Les traces de pas simples, est-ce les tiennes ou les miennes? Spectre rôdeur, ne me laisse pas encore. Ne soit pas jaloux de la lumière qui m'entoure, mais profite plutôt de la noirceur qui m'attend! Soit ce soir indulgent face à ma demande et enlève-moi ces chaînes pour qu'enfin je puisse glisser sur cette patinoire de papier!

Teeshah
25 avril 1998


Il fut une nuit où sous les lustres éteints, je vis sous une branche dégarnie un rayon que j'ai cru appartenir à la lune. Curieuse, je m'approchai, craintive, je tressaillis au bruit de la chouette. Sous mes pas lents glissait une herbe fraîche et odorante, dans mon cou, un vent du nord... Attirée vers ce rayon, je m'avançai toujours. Je réalisai bien vite que cette lueur n'était pas celle de la lune, mais d'une étoile, un astre solitaire et rebelle qui aurait absorbé toute la magie de ses consoeurs afin de m'offrir ce spectacle merveilleux. Je restai des heures à observer ce présent des dieux, moi qui avait cessé de croire à l'impossible. Hypnotisée... Je voulu rester à jamais en cet endroit, cette étoile près du coeur, une flamme dans les yeux. Venant briser cette perfection, cet impossible devenu possible, le soleil se pointa à l'horizon. Ayant voulu garder à jamais ce présent, il s'est éteint pour ne jamais revenir.

Teeshah
18 avril 1998


Une nuit, sur le ciel parsemé de diamants bruts, un épais brouillard s'est formé. Des nuages noirs sur fond gris, des anciens fantômes resurgissent... Un vent glacial me transit de froid, mon coeur s'arrête, ma peau vermeille devient neige. Plusieurs jours, plusieurs nuits sans transmettre de signal. Puis, une nuit, parmi ces lourds bouquets de pluie, s'est infiltré un rayon de lune. Tranchant, il avait déjà fait le chemin pour le prochain. Vinrent ensuite les rayons du soleil, puissants et purs. Bientôt, c'est tout l'astre que je vis. Patiemment il me redonna vie et une lueur dans les yeux... mais il fît si bien sa besogne que je me retrouvait bientôt brûlante. Et pour me rafraîchir, des torrents surgirent de tous les coins de la terre. L'eau monta, monta et si bien que je m'y noyai...

Teeshah
12 avril 1998


Coeur de pierre, de marbre noir, il a frappé un doux matin. Sa victime l'avait fragile mais fort d'espoir. La cassure fut fatale: l'espoir a craqué.

Ce soir un homme pleure en silence la perte de ses rêves, de ses espoirs, de son amour pour une traîtresse. Il a aimé de ces oiseaux rares et précieux qui vous laissent entrevoir le bonheur. Malheureusement, il est su de tous que les oiseaux ne sont heureux que libres. Tapi dans sa cage aux milles merveilles, l'oiseau rêvait de bouts de ciel. Un matin, un vent passait: il a ouvert ses ailes. Ne soit pas triste cette nuit et songe plutôt à tous ces jours où ce volatile t'a offert sa musique. Songe aussi à la triste mine qu'il affichait trop souvent. À présent, imagine ton bel oiseau libre et gai! Entends les symphonies qu'il compose à présent! N'est-ce pas un sourire qui timidement se dessine sur ton visage? Soit sans crainte, il est bien...

Teeshah
8 avril 1998


À la mémoire de feu Rêve


Il fut un soir de chaud été, la grandeur d'un Rêve que l'on croyait impossible. Un Rêve si pur, si beau, si tendre, que les étoiles mêmes en furent emballées. Un mot, une parole emplie de mystère et sous le sceau de la poésie, sa naissance fut cachée. Après un bon moment, la nouvelle excitait les ombres, on dû donc dévoiler un peu de ce mystère. En ouvrant avec d'infinies précautions le couvercle scellé qui depuis tout ce temps cachait ce Rêve, c'est par milliers que se sont envolés les oiseaux prisonniers. Volant et fuyant, impatients de découvrir le monde, certains se sont murés contre quelque obstacle. Les autres ont tant voulu faire ascension qu'il se sont brûlés les ailes. Un seul survécu à cette tragédie: Liberté. Il vole toujours. De son côté, le Rêve a repris sa place au fond du coffre et il attend impatiemment le jour où l'on refermera la porte de son logis. Auras-tu le courage d'exaucer ce Rêve?

Teeshah
7 avril 1998


Misère, triste mère dans laquelle je me noie, ait pitié des cris de ta tendre enfant. Que ces vagues impures ne me fassent plus jamais de mal, que l'écume qui sur leur bouche perle ne souille plus mon âme! Qui a encore la décence de garder mes pures Idéaux? Nul qui vit. Chacun, chaque jour verse un peu plus d'encre dans cet océan de haine. Je veux, je cherche un peu d'air... elle me manque! Dame, revenez à moi. Mère, tendez-moi la main! Je veux vivre...

Je frissonne. C'est la mort qui vient.

Teeshah
4 avril 1998


Cette nuit, j'ai rencontré ma muse en songes. Une grande dame m'est apparue. Le regard perçant et tendre à la fois, elle m'appelaà elle. Sa robe de soie blanche et ses cheveux éparses couleur de blé volaient, poussés par un doux vent printanier. M'approchant davantage de cette femme étrange, je plongeai dans l'azur de ses yeux. La tempête y était si grande que je m'y suis vu submergée. Alors, mille couleurs se sont offertes à moi. Des centaines de poissons, d'algues et de coraux tourbillonnaient, jusqu'à me faire perdre conscience. J'ai voulu mourir en cet endroit, y demeurer jusqu'à toujours... mais d'un claquement de ses doigts fins, elle me sauva du naufrage. C'est alors qu'elle me tendit les bras, comme une mère les offrent à son enfant. Sans crainte, je me blottis contre son sein et pu enfin toucher du revers de ma main sa douce peau de pêche... mais il était déjà trop tard. Elle avait disparu.

Teeshah
3 avril 1998